En 1978, il se produisait des choses troubles aux Comores, et il fut décidé d’y envoyer une équipe de quatre ou cinq personnes, dont je faisais partie, pour régler certaines affaires politiques.
Arrivés là-bas, nous découvrîmes, échoué sur une plage de l’île, le célèbre bateau-chalutier breton sur lequel avaient débarqué les mercenaires qui avaient assassiné Ali Soilih.
Un sbire de Bob Denard nous accueillit et nous installa dans des paillotes. Les plages étaient sublimes et je contemplais les très jolies jeunes filles qui se baignaient, quand un gaillard bien bâti vint s’asseoir à côté de moi et me dit : « Si je peux vous donner un conseil, dès que vous voyez une jolie femme, faites demi-tour. Il y a forcément son homme dans les parages. »
Nous discutâmes. Je lui demandai ce qui l’avait amené à s’engager comme mercenaire, et il me répondit : « J’étais médecin, anti-communiste, et au lieu de palabrer sans cesse, eh bien je suis allé me battre.

J’ignore ce que mes compagnons ont pu effectuer comme démarches pour « régler les affaires politiques » en question, mais en ce qui me concerne, je suis resté à l’écart.

Et c’est ainsi que je passai ces quelques jours de rêve sur une île de rêve, puis je rentrai à Paris.

Le président de la république avait un adjoint chargé des affaires africaines.
Comme il trouvait que ma façon de procéder (d’après ce qu’on m’a rapporté) convenait bien au style de Valéry Giscard d’Estaing, il me proposa d’être son propre collaborateur.
Un jour, il me convoqua et m’annonça que nous partions prochainement, ainsi que deux autres personnalités, pour le Cameroun. Mais cette décision fut annulée car, encore une fois, je ne disposais pas des papiers administratifs nécessaires… Ne pas être bachelier posait décidément des problèmes dans l’administration.
Ce fut néanmoins pour moi la Providence, car le petit avion qui a emmené les autres s’est écrasé. Il n’y eut aucun rescapé. Vive l’administration et sa réglementation. On n’a jamais su s’il agissait d’un attentat ou d’un accident.

Je me retrouvai à la même place, mais pas pour longtemps.
On était en pleine époque de l’affaire des diamants, lorsque Giscard avait accepté le cadeau de Bokassa. L’affaire faisait grand bruit pour deux raisons : d’une part, les Français étaient outrés par cet enrichissement personnel du chef de l’État, et d’autre part, la gauche politique s’était emparée de l’événement, les élections présidentielles n’étant pas loin.
C’était donc LE grand sujet.

A SUIVRE...